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Messaoud en pole position
Parmi les dix candidats aux prochaines présidentielles, Messaoud est, avec Ould Daddah, le candidat le mieux placé, pour le scrutin du 18 juillet. Les militants, sympathisants du FNDD et, d’une manière plus générale, les démocrates, croient aux chances de cet homme qui a consacré sa vie au combat pour l’égalité et la justice sociale.
Mêmes les observateurs de la place n’hésitent plus à placer l’emblématique chef de l’APP en tête du couplé gagnant, pour un second tour devenu, désormais, inéluctable. Rien de surprenant car l’homme dispose de nombreux atouts. D’abord, celui de la solidité du FNDD, de la détermination de Messaoud Ould Boulkheir et des hommes de tous les partis qui constituent celui-là, à refuser le fait accompli.
Depuis ce fameux 6 août qui a plongé la Mauritanie dans une crise politique, sans précédent, cet homme et ses compagnons ont combattu, sans relâche, pour la restauration de la légalité constitutionnelle. Ils ont bravé la police anti-émeute, essuyé les foudres du général-candidat, subi calomnies, intimidations et injures. On se rappelle de cette image du président de l’Assemblée nationale, enveloppé par un tourbillon de gaz lacrymogènes, jaillis des grenades lancées par la police, près du carrefour de la BMD. N’eût été le secours de ses sympathisants, qui l’ont escorté jusqu’à son véhicule, Messaoud Ould Boulkheir aurait pu y laisser la vie, ce soir-là. D’autres ont été embastillés, pour avoir refusé de se faire «rectifier», au lendemain du 6 août.

Aujourd’hui, le semi-retour à la légalité, consacré par l’accord de Dakar, constitue le fruit de cette détermination. Pourtant, au crépuscule d’une carrière politique bien remplie, si Messaoud était mû par des intérêts égoïstes, il aurait pu succomber aux sirènes du HCE, comme beaucoup d’autres opportunistes, et bénéficier, par conséquent, de «tous les privilèges liés à sa fonction». N’y comptez pas! Cet homme, comme Ahmed Ould Daddah, Mohamed Ould Maouloud, Jemil Ould Mansour, pour ne citer qu’eux, n’est pas une girouette, encore moins un opportuniste. Son combat, c’est pour les autres, pour ses prochains, pour les sans-voix.

Homme du peuple, descendant d’esclave, Messaoud est resté humble, même au perchoir. Une position qui fait, plus ordinairement, pousser des ailes, nourrit des ambitions. Le deuxième paramètre tient à la personnalité du leader haratine. Messaoud est né, quasiment rebelle à l’injustice, pour dire non, quand la justice est bafouée, quand le droit n’est pas respecté. Son charisme force le respect, et va bien au-delà, même, de nos frontières ; allez le demander à Kadhafi, quand il a voulu le convoquer, à Tripoli, en simple membre du FNDD. Niet! a dit Ould Boulkheir, qui a exigé d’être reçu en tant que président de la chambre basse du parlement. Et il en fut ainsi. Ce charisme, doublé d’une constance, inébranlable, dans son long combat politique, parsemé de nombreuses embûches – prisons, injures, dénigrements – a été consacré, par le FNDD qui l’a choisi pour porter ses couleurs. Un choix qu’il apprécie, à sa juste valeur, un choix qui l’a, fortement, ému.

Homme de parole, Messaoud sait, tout aussi bien, ménager les successibilités que rendre la monnaie de la pièce. Aussi a-t-il toujours œuvré pour le rassemblement, au sein de l’opposition politique. Son refus de faire entrer les membres de son parti, dans le GUNT a fini de convaincre plus d’un, sur son sens politique. La fidélité, fait rare en politique, constitue une autre facette de l’homme. Fidélité à ses principes, fidélité au contrat avec Sidi, durant toute la crise, fidélité récompensée, aujourd’hui, par le vibrant témoignage du président, lors de son historique démission, fidélité réaffirmée, depuis, par le choix de la fille de ce dernier, pour être son porte-parole. Un geste hautement salué, par la classe politique. Premières impressions à la presse Après la visite de quatre capitales régionales, pour exposer sa vision de la Mauritanie de demain, Messaoud Ould Boulkheir a rencontré, ce lundi 6 juillet, au siège de l’UNAD, les patrons de la presse indépendante et des correspondants des chaînes satellitaires arabes. Le but de cette entrevue était, selon le candidat du FNDD, de faire le point sur le déroulement de la campagne.

Dans son exposé, l’homme est revenu, un peu, sur la crise consécutive au coup d’Etat du 6 août dernier, la mise en œuvre de l’accord de Dakar et la formation du GUNT. Ainsi, le candidat du FNDD n’a pas manqué de fustiger la mauvaise foi du pôle Aziz, qui a refusé et s’obstine, encore, à refuser, de s’inscrire dans la logique du consensus. Pour étayer son propos, le candidat du FNDD a cité la convocation, unilatérale, du collège électoral et les incohérences du Conseil Constitutionnel. «Mohamed Ould Abdel Aziz aura tout fait, pour nous pousser à un boycott, mais nous ne tomberons pas dans son piège, nous irons au scrutin, en dépit des insuffisances au niveau de l’organisation», a affirmé Ould Boulkheir, qui constate que le camp d’Aziz accuse de nombreuses défections et qu’à l’intérieur du pays, la tendance est au rejet de ce candidat dictatorial.
Répondant à une question relative aux accusations de malversation, proférées par le candidat Aziz, qui dit «détenir des preuves» contre lui et Ould Daddah, Messaoud a répondu qu’il ne craint absolument rien et qu’il a la conscience tranquille. Quant aux risques de fraude et à la présence d’observateurs étrangers, le candidat Messaoud a rappelé que l’UE avait fait observer qu’elle ne pouvait pas envoyer des observateurs, avant deux à trois mois ; que, par rapport à la fraude, le risque paraît minime et que les citoyens sont déterminés à ne pas se faire voler leur voix.

Sur le choix porté sur sa personne par le FNDD, Messaoud Ould Boulkheir, après une courte pause, a indiqué que cela l’a beaucoup ému et continue à l’émouvoir. «Cette unanimité, sur ma personne, me réjouit beaucoup, parce que je constate, et ça a été, toujours, mon combat, que le choix des dirigeants s’est fait sur des critères de citoyenneté, non sur des critères d’ethnie ou de couleur de peau. Le candidat du FNDD a, enfin, demandé, à tous ceux que son discours pouvait, à un moment ou à un autre, avoir heurté, de le pardonner.

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